Écho du RAAMM du 1 juin 2026

1 juin 2026

L’infolettre des membres et alliés du RAAMM.

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Sommaire

1. Un engagement indéfectible pour l’accessibilité à l’occasion de la Semaine québécoise des personnes handicapées

Cette année souligne le 30e anniversaire de la Semaine québécoise des personnes handicapées qui se déroule du 1er au 7 juin 2026.

Depuis 30 ans, le RAAMM est présent à chaque édition de la Semaine québécoise des personnes handicapées. Trente ans à dénoncer les obstacles, à porter des revendications et à rappeler une réalité essentielle : l’inclusion doit se traduire par des gestes concrets, des services accessibles et des environnements adaptés. Cette semaine de sensibilisation nous permet de constater le chemin parcouru pour bâtir ensemble un quotidien plus accessible.

Cependant, les gains obtenus demeurent fragiles et certains reculs depuis les dernières années nous appellent à redoubler de vigilance.

Le RAAMM réaffirme notamment son engagement pour un Québec où l’accessibilité est incontournable et dénonce certains discours alarmistes dans les médias. 

Permettre à chaque personne de vivre, de circuler et de participer pleinement à la société n’est pas un coût supplémentaire, c’est le fondement d’une collectivité juste. Et c’est précisément ce principe que nous voyons aujourd’hui mis en cause dans le débat sur l’accessibilité universelle en construction.

Le RAAMM réaffirme  haut et fort que l’accessibilité et l’inclusion ne sont pas des privilèges, ni des dépenses facultatives. Ce sont les conditions d’une société qui reconnaît le potentiel de chaque personne — quelle que soit sa réalité. Pour les personnes en situation de handicap ou vieillissantes, pouvoir accéder à un logement et l’habiter avec dignité et sécurité n’est pas un luxe. C’est un droit. Il est temps d’y répondre.

2. Cherté du logement : la spéculation est la cause, pas l’accessibilité universelle

La quasi-totalité des logements au Québec ne permet pas la libre circulation des personnes à mobilité réduite. Le gouvernement québécois connait cette réalité, car il en tient compte, bien que timidement, dans sa modernisation du Code de la construction. Alors que toutes et tous devraient reconnaître l’importance de ce geste, voilà que l’Institut du développement urbain du Québec (IDU) et des promoteurs immobiliers sèment la peur en dénonçant une soi-disant explosion des coûts de construction en raison des mesures d’accessibilité universelle. Nous, signataires, sommes scandalisés par cette prise de position rétrograde et appelons à considérer les faits et les besoins.

Vue d'immeubles à MontréalD’abord, le discours alarmiste de l’IDU et de ses consorts est infondé. On sait déjà que l’inclusion des mesures d’accessibilité dès la conception d’un projet permet aux personnes en situation de handicap d’habiter un logement à un coût marginal . On parle ici d’une infime fraction des coûts de construction pour quelque chose qui n’est pas un luxe, car il s’agit de la libre circulation des personnes. Qui plus est, les modifications qui entreront en vigueur en octobre sont connues depuis longtemps et les promoteurs ont eu 18 mois pour s’ajuster.

Plusieurs endroits dans le monde, comme l’Australie, ont déjà adopté des normes d’accessibilité plus performantes que celles incluses dans la prochaine version du Code de construction du Québec. Or, cette modernisation n’a pas eu les effets catastrophiques qu’on tente de nous faire craindre.

La catastrophe est bien plutôt du côté des logements inaccessibles pour une immense part des personnes en situation de handicap et des personnes de 65 ans et plus. La catastrophe nous guette aussi collectivement. L’absence de mesures d’accessibilité engendre des frais d’hospitalisation et d’hébergement qui coûtent très cher, augmente la dépendance envers les proches et allonge la liste d’attente pour obtenir du soutien à domicile.

S’opposer à l’amélioration des normes éco-énergétiques comme l’isolation reproduit la même erreur. Bien que le coût de construction soit légèrement plus élevé, les factures d’électricité seront moins élevées dans le temps. Cette mesure est essentielle pour les personnes en situation de handicap et vieillissantes, qui subissent d’une manière disproportionnée les effets des changements climatiques. Mais elle sera également bénéfique pour toutes personnes payant une facture d’électricité.

Contrairement à ce que prétend la présidente de l’IDU, l’espace supplémentaire requis pour l’accessibilité universelle n’est pas « inutilisable ». Bien au contraire, ce sont les logements construits sans tenir compte des besoins d’une grande partie de la population qui sont inutilisables. Nous n’avons pas de mots pour décrire ce que nous ressentons face au refus de ne pas permettre aux personnes de se loger dignement ou de vieillir chez elles.

Un logement n’est pas un bien ordinaire, bien évidemment ; avoir un toit est essentiel. Dit autrement, le droit au logement est pour tout le monde et il est franchement inacceptable d’opposer ce droit à des coûts exagérés d’accessibilité et de semer la peur face à la nécessité d’inclusion. Car plutôt que de désigner l’accessibilité comme bouc émissaire, nous devrions dénoncer la spéculation immobilière à tout crin qui a bien plus contribué à la crise du logement que n’importe quel autre facteur.

Quand on sait que les loyers augmentent beaucoup plus rapidement que l’inflation, peu importe la période temporelle analysée, on comprend que la spéculation foncière et le laisser-faire en matière de fixation des loyers sont en grande partie responsables de la cherté des loyers. Bien sûr qu’il faut construire des logements à un coût qui respecte la capacité de payer des ménages. Mais pour que la tendance actuelle à la hausse vertigineuse des loyers se calme enfin, il faut surtout un contrôle des loyers et un financement conséquent pour des logements sociaux et communautaires.

Pour les personnes en situation de handicap ou vieillissantes, pouvoir enfin accéder à un logement et l’habiter avec dignité d’une manière sécuritaire n’est pas un privilège, c’est un droit et il est temps d’y répondre !

Signataires :

Martin Lalonde, Agent de défense collective des droits, Ex aequo
Martin Blanchard, Organisateur communautaire, MÉMO-Québec
Pascale Dussault, directrice générale, RAAMM

Lettre ouverte, 26 mai 2026.

3. Réaction de l’Office des personnes handicapées du Québec à un article du journal La Presse sur des modifications au Code de construction du Québec

Drummondville, le 25 mai 2026 – En réaction à l’article « Vos logements coûteront (encore) plus cher », paru dans La Presse, l’Office des personnes handicapées du Québec tient à rappeler l’importance de considérer l’accessibilité universelle dans les pratiques de construction au Québec.

Si la hausse des coûts de construction suscite des préoccupations légitimes dans le contexte actuel de crise du logement, il est essentiel de replacer le débat dans une perspective plus globale. La question ne se limite pas au prix des logements à court terme, mais concerne plutôt la capacité à construire des milieux de vie adaptés aux réalités actuelles et futures de la population québécoise.

Rappelons à cet effet qu’au Québec, en 2022, 21,0 % des Québécoises et Québécois de 15 ans ou plus vivant en ménage privé ont une incapacité. Cette proportion représente plus de 1,4 million de personnes. Ce nombre est d’ailleurs appelé à croître, notamment avec le vieillissement de la population.

Construire des logements accessibles dès le départ permet d’éviter des travaux d’adaptation beaucoup plus coûteux par la suite et de recourir hâtivement à l’hébergement pour des personnes en perte d’autonomie. Adapter un bâtiment existant est presque toujours plus complexe et onéreux que de prévoir, dès la conception, des aménagements simples : seuils sans obstacles, circulation adéquate, salles de bain adaptables. En ce sens, les coûts initiaux doivent être compris comme un investissement préventif, et non comme une surcharge inutile.

Cette approche rejoint directement les positions récentes de l’Office des personnes handicapées du Québec, telles qu’énoncées dans le mémoire qu’il a déposé dans le cadre des consultations publiques sur le projet de loi no 20, Loi édictant la Loi visant à favoriser l’accès au logement et modifiant diverses dispositions concernant le domaine de l’habitation. Dans celui-ci, l’Office rappelle que les personnes handicapées étaient plus particulièrement touchées par la crise actuelle du logement. Elles font d’ailleurs face à des obstacles supplémentaires pour accéder à un logement abordable, accessible et adapté à leurs besoins.

Citation :

« L’accessibilité aux bâtiments relève d’une question de choix de société et ne devrait pas être réduite à l’unique enjeu financier. À ce sujet, l’avis de l’Office est clair : l’accessibilité universelle n’est pas un luxe, mais une condition essentielle pour une société juste, équitable et durable. Bâtir de façon accessible, ce n’est pas bâtir plus cher. C’est construire mieux, et surtout, pour toutes et tous. »

Daniel Jean, directeur général de l’Office des personnes handicapées du Québec

Faits saillants :

  • Le taux d’incapacité, chez les personnes âgées de 15 ans et plus, est en augmentation au Québec. Il passe de 16,1 %, en 2017, à 21,0 % en 2022. Cela représente environ 1 422 020 personnes. L’augmentation de ce taux est en partie attribuable au vieillissement de la population (Statistique Canada 2023).
  • En 2022, 7 % des personnes de 15 ans et plus ayant une incapacité liée à la motricité ont des besoins non comblés en aménagements spéciaux du domicile (appuis dans la salle de bain, appareil de levage, rampe d’accès, etc.). Cela représente environ 46 600 personnes;
  • Les impacts positifs d’un logement accessible et adapté sur le bien-être et la qualité de vie des personnes handicapées sont bien documentés : ils améliorent la sécurité et diminuent les risques physiques, renforcent l’autonomie et le contrôle sur la vie quotidienne, réduisent l’insécurité résidentielle et le stress associé et favorisent le bien-être psychologique et la participation sociale;

L’aménagement des environnements accessibles est une des priorités d’intervention identifiée dans la politique gouvernementale À part entière, dans le but d’accroître la participation sociale des personnes handicapées.

Source: Communiqué de l’OPHQ, 25 mai 2026 

4. Du théâtre accessible en juin!

Visite tactile au Théâtre du Rideau Vert.
Visite tactile au Théâtre du Rideau Vert. Crédit : Katherine Fournier

En juin, le Théâtre du Rideau vert propose la pièce Parachute libre, une occasion incontournable de voir les grandes comédiennes : Muriel Dutil et Pierrette Robitaille. Une ode à la vie, à l’amitié et au jeu qui évoque avec tendresse et humour la solitude des personnes aînées.

Le Centre Segal présente pour sa part la pièce musicale Grow est une nouvelle comédie musicale canadienne, débordante d’humour et de cœur, sur la famille, la foi et une plante très spéciale.

Voici l’horaire et les détails, que vous trouverez aussi dans notre calendrier culture. Bonnes sorties!

Mercredi 3 juin

Pièce Parachute libre en théâtrodescription au Théâtre du Rideau vert

14h (Activité de médiation à 11h30)

Durée de la pièce: 2h15 

À la maison de retraite, tout le monde sait qu’Alice Binder est malcommode, voire un peu chipie.

Elle est encore plus irascible depuis qu’elle doit partager sa chambre avec Marilyn Dunne, une incorrigible optimiste et adepte de sensations fortes. Incompatibles et disposant de trop de temps libre, les deux femmes vont se lancer dans une guerre de territoire où tous les coups sont permis. S’arrêteront-elles avant qu’il ne soit trop tard ?

Théâtre du Rideau vert, 4664, rue Saint-Denis, Montréal

Réservation : Tarif accessible à 30$ le billet ou le tarif régulier et un billet gratuit pour l’accompagnateur avec la carte CAL ou ACCES2

Pour contacter la billetterie : 514 844-1793

vendredi 5 juin 

Pièce Parachute libre en théâtrodescription au Théâtre du Rideau vert

19h30 (Visite tactile à 15h45)

Durée de la pièce: 2h15 

À la maison de retraite, tout le monde sait qu’Alice Binder est malcommode, voire un peu chipie.

Elle est encore plus irascible depuis qu’elle doit partager sa chambre avec Marilyn Dunne, une incorrigible optimiste et adepte de sensations fortes. Incompatibles et disposant de trop de temps libre, les deux femmes vont se lancer dans une guerre de territoire où tous les coups sont permis. S’arrêteront-elles avant qu’il ne soit trop tard ?

Théâtre du Rideau vert, 4664, rue Saint-Denis, Montréal

Réservation : Tarif accessible à 30$ le billet ou le tarif régulier et un billet gratuit pour l’accompagnateur avec la carte CAL ou ACCES2

Pour contacter la billetterie : 514 844-1793.

Dimanche 7 juin

Grow, en théâtrodescription au Centre Segal 

14 h et 19 h30

Grow est une nouvelle comédie musicale canadienne, débordante d’humour et de cœur, sur la famille, la foi et… une plante très spéciale.

Pour la première fois de leur vie, les jumelles de 19 ans, Hannah et Ruth, quittent leur communauté amish pour vivre leur Rumspringa — cette période d’exploration dans le monde moderne.

Mais lorsque leur aventure en ville prend une tournure inattendue, leur talent pour l’agriculture les entraîne dans un partenariat improbable avec un propriétaire d’une boutique de cannabis — menant à la création de « la meilleure herbe du monde »!

Centre Segal des arts de la scène, 5170 chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal

Réservation : Laurie Bourgeois, [email protected]

5. Fermeture de notre Service d’aide bénévole pendant les vacances d’été

Veuillez noter que notre Service d’aide bénévole (SAB) sera fermé pour la période estivale du jeudi 18 juin 2026 à 16 h au 20 juillet. Le service reprendra le mardi 21 juillet dès 8 h.

Pour tout besoin d’accompagnement durant cette période, merci de transmettre votre demande au SAB par téléphone au 514 277-4401, poste 115 ou à l’adresse [email protected], au plus tard le mercredi 10 juin 2026 à 16 h. Au-delà de cette échéance, aucune demande ne pourra être prise en compte.

Le délai minimal pour faire une demande demeure de 5 jours ouvrables.

On vous rappelle aussi que le Service d’aide bénévole est ouvert du mardi au jeudi de 8h30 à 12h et de 13 h à 16h 30.

Notre responsable du SAB, Céline Lemaire est disponible pour vos questions et à l’écoute de vos besoins d’accompagnement!

6. Recherche de personnes participantes pour une étude à l’École d’optométrie de l’Université de Montréal

L’École d’optométrie de l’Université de Montréal cherche des personnes participantes ayant une basse vision pour participer à une évaluation par des étudiants en orientation et mobilité d’ici le 15 juillet dans le cadre de leur cours sur la basse vision et la mobilité. L’heure et le lieu précis de la rencontre seront déterminés par le participant et l’étudiant en orientation et mobilité.

L’évaluation consistera en un entretien, des mesures de la vision fonctionnelle et les capacités de déplacement. La durée de l’évaluation est estimée à 2 heures. Le professeur en orientation et mobilité communiquera avec le participant avant et après l’évaluation.

Contenu :

L’entretien se déroulera dans un lieu choisi par le participant, par exemple à son domicile. La partie de l’évaluation relative à la vision fonctionnelle et les capacités de déplacement sera réalisera dans des environnements intérieurs et extérieurs choisis par l’étudiant, afin de mesurer les capacités du participant (détection d’obstacles, lecture de panneaux, traversée de rues, éblouissement, etc.)

Objectif :

L’objectif des évaluations est d’améliorer la pratique des nouveaux étudiants en orientation et mobilité, et de leur permettre de mieux comprendre la réalité des personnes ayant une basse vision dans leurs déplacements. Les étudiants n’ayant pas terminé leurs études, aucune recommandation d’aide à la mobilité ou d’intervention ne sera faite à l’issue de l’évaluation. Toutefois, les participants auront accès aux résultats lorsqu’ils contacteront les étudiants.

Les participants intéressés qui souhaitent obtenir plus d’informations sont invités à contacter Joe Nemargut à l’adresse [email protected]. Ce dernier contactera les participants intéressés pour fixer un rendez-vous afin d’expliquer le processus.