Mal-logement des personnes ayant un handicap visuel à Montréal : une crise du logement permanente

1 juin 2021

MONTRÉAL, le 1er juin 2021 /CNW Telbec/ – Alors que le taux d’inoccupation des logements est à son plus bas et que le prix des loyers explose, l’accès à un logement abordable est particulièrement complexe. La situation est encore pire pour les personnes ayant un handicap visuel, qui font face à une crise du logement permanente en raison des difficultés supplémentaires pour trouver un logement accessible et adapté à leurs besoins.

Une étude réalisée à l’hiver 2021 par le Regroupement des aveugles et amblyopes du Montréal métropolitain (RAAMM) démontre en effet que les conditions de logement des personnes handicapées visuelles de Montréal sont particulièrement précaires, tant en matière d’accessibilité que d’abordabilité.

La moitié des personnes interrogées par le RAAMM résident dans un logement qui n’est pas suffisamment adapté à leur limitation visuelle. Absence de rampe aménagée, de bande avertissante ou de main courante ; l’application des normes d’accessibilité universelle relève de l’exception.

Pascale Dussault, directrice générale du RAAMM, rappelle également que l’accessibilité a un coût : « la plupart des personnes ayant un handicap visuel vivent sous le seuil de la pauvreté et n’ont pas nécessairement les moyens — ou même le droit en tant que locataires — d’effectuer des travaux pour rendre leur logement accessible et adapté à leurs besoins, d’autant plus que les aides financières ne sont pas toujours suffisantes ».

Les deux tiers des personnes interrogées consacrent effectivement plus de 30 % de leur revenu pour se loger, et la moitié d’entre elles estiment qu’une fois les frais mensuels d’habitation payés, les revenus restants ne sont pas suffisants pour subvenir à leurs autres besoins.

La précarité des logements dans lesquels réside un grand nombre de personnes ayant un handicap visuel comporte des risques considérables pour leur qualité de vie et leur santé. Ainsi, loin d’être des espaces de vie adéquats, ces logements portent gravement atteinte à l’autonomie et à la sécurité des résidents. De plus, près de la moitié des logements visités par le RAAMM présentaient des problèmes d’insalubrité.

« Face à la crise du logement actuelle et à la pénurie de logements accessibles, nombreuses sont les personnes qui resteront coincées dans un logement qui ne convient pas à leurs besoins ou à leur budget », craint Pascale Dussault. « Le gouvernement doit reconnaitre le problème et poser des gestes concrets pour que le droit à un logement abordable, accessible et adapté soit réellement garanti pour les personnes ayant un handicap visuel », ajoute-t-elle.

Les résultats de l’étude réalisée par le RAAMM sur les conditions d’habitation des personnes ayant un handicap visuel seront présentés dans le cadre d’un webinaire, qui aura lieu le mardi 8 juin 2021 à midi.

Au Québec, 205 000 personnes auraient un handicap visuel, soit 3,2 % de la population[1]. La majorité d’entre elles résideraient dans la grande région de Montréal.

Pour s’inscrire au webinaire : https://us02web.zoom.us/webinar/register/WN_w9cKIlaDRbmnv8KYZZjZLA

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Renseignements: Pascale Dussault, directrice générale, [email protected], 514-277-4401, poste 109

À propos du RAAMM

Le RAAMM vise à bâtir une société universellement accessible et inclusive où les personnes ayant une limitation visuelle pourront s’accomplir et s’engager activement.

[1] Office des personnes handicapées du Québec. (2021).
Aperçu statistique des personnes handicapées au Québec 
https://www.ophq.gouv.qc.ca/publications/statistiques/personnes-handicapees-au-quebec-en-chiffres/apercu-statistique-des-personnes-handicapees-au-quebec.html#c28364

Communiqué diffusé le 1er juin 2021 : https://www.newswire.ca/fr/news-releases/mal-logement-des-personnes-ayant-un-handicap-visuel-a-montreal-une-crise-du-logement-permanente-874263465.html