Écho du RAAMM du 25 mai 2026

25 mai 2026

L’infolettre des membres et alliés du RAAMM.

Découvrez les dernières nouvelles du RAAMM, des activités enrichissantes auxquelles vous êtes invités à participer, des occasions de vous impliquer, l’actualité sur la déficience visuelle dans les médias, et plus encore!

Sommaire

1. Mai, mois de la santé visuelle

Saviez-vous que, depuis 1941, le mois de mai est le Mois de la santé visuelle au Canada? L’ Association des optométristes du Québec invite notamment la population à faire son examen annuel de la vue et rappelle l’importance de surveiller les troubles de la vision et les maladies oculaires.

La Fondation des maladies de l’oeil souligne pour sa part l’inquiétante progression de la myopie. Sous peu désignée maladie plutôt que trouble visuel, la myopie affecte déjà 30 % de la population et il est estimé qu’elle affectera 50 % de la population en 2050. 

À cette occasion, on en profite pour rappeler que le RAAMM offre des services de sensibilisation auprès du grand public, notamment à travers notre offre de formations ou de conférences telle la conférence Avancer à l’aveuglette, Vivre avec une déficience visuelle au quotidien, ou nos formations de technique de guide.

Par ailleurs, il est encore temps de renouveler votre adhésion annuelle si ce n’est pas déjà fait!

Contactez sans tarder Céline Lemaire au 514 277-4401, poste 111 ou écrivez à [email protected].

2. Une recherche pour comprendre les capacités auditives des personnes aveugles

Quand la vision et l’audition sont déficientes, les défis du quotidien se multiplient. Une recherche révèle pourquoi il faut les étudier ensemble et en conditions réelles.

De nombreuses recherches ont été menées sur les capacités de localisation sonore des personnes aveugles dans des environnements contrôlés: une pièce insonorisée, des tests précis, des stimulus simples.

Ces approches permettent de mesurer des capacités «pures», mais elles passent à côté d’une question essentielle: comment ces sens fonctionnent-ils dans la vie de tous les jours?

Une équipe de recherche américano-canadienne a voulu dépasser cette limite en évaluant les capacités de localisation sonore perçues des personnes aveugles dans des activités quotidiennes courantes, où les informations sont multiples et parfois confuses.

Intégrer la complexité du quotidien

Cinquante-huit adultes atteints de cécité totale ou quasi totale ont participé à cette étude; 28 d’entre eux ont déclaré avoir une audition normale et 30 ont dit être malentendants. L’étude a été menée entre autres par Joseph Paul Nemargut et Walter Wittich, tous deux professeurs à l’École d’optométrie de l’Université de Montréal, en collaboration avec le laboratoire de Yingzi Xiong, de l’Université Johns Hopkins.

Pour s’approcher de la réalité, l’équipe a élaboré un questionnaire détaillé portant sur la difficulté perçue dans les tâches quotidiennes de localisation faisant appel à la vision et à l’audition. On parle ici de situations familières comme situer une ambulance à partir de sa sirène, retrouver un téléphone qui sonne dans une autre pièce ou encore reconnaître un enfant qui joue au ballon dans un parc.

Ces activités exigent de traiter plusieurs informations en même temps dans des environnements souvent bruyants ou visuellement chargés. Et c’est dans ce type de contexte que les difficultés réelles émergent.

Le questionnaire, conçu pour des personnes ayant une déficience visuelle, auditive ou les deux, a permis d’établir un premier constat: il existe un lien clair entre les capacités sensorielles mesurées et la difficulté à accomplir des tâches du quotidien.

Un décalage révélateur

L’équipe a donc évalué la perception qu’ont les participants de leurs propres (in)capacités. Les personnes ayant une déficience visuelle sont généralement conscientes de leurs difficultés. Elles savent, par exemple, qu’elles auront du mal à reconnaître quelqu’un à distance.

En revanche, les difficultés auditives semblent souvent sous-estimées. «Même lorsque les participants portent des appareils auditifs, beaucoup manquent de confiance pour réaliser certaines tâches, comme repérer une personne dans un lieu bruyant qu’est une cafétéria», indique Joseph Paul Nemargut.

Pourquoi? Parce que les appareils auditifs sont souvent optimisés pour améliorer la compréhension de la parole dans des contextes relativement calmes, précise le chercheur. Mais à l’extérieur ils peuvent atténuer des sons essentiels, comme le bruit du trafic, pourtant crucial pour se déplacer en sécurité.

Un mot sur l’écholocalisation

L’étude mentionne également que les personnes ayant déclaré des compétences d’écholocalisation plus élevées rapportaient de meilleures capacités de localisation sonore perçues, quel que soit leur statut auditif.

Écholocalisation? Dans le sens de la technique utilisée par les chauves-souris pour s’orienter et chasser dans l’obscurité? Pas tout à fait.

Tous les humains possèdent une forme d’écholocalisation dite « passive », souligne Joseph Paul Nemargut. Le cerveau humain utilise en permanence les sons ambiants – ventilation, échos, bruits de fond – pour se représenter l’espace. « Ainsi, entrer dans un tunnel donne immédiatement une impression de confinement, même les yeux fermés », illustre le chercheur.

Chez certaines personnes, notamment celles ayant une déficience visuelle, cette capacité peut être développée davantage, puisqu’il existe aussi une écholocalisation «active», qui consiste à produire des sons (comme des clics ou des tapotements) pour capter les échos et détecter les obstacles. Basée sur la perception des nuances sonores, cette compétence dépend toutefois fortement de la qualité de l’audition.

Mieux accompagner les parcours de vie

Un autre aspect clé de l’étude concerne le moment où survient la déficience visuelle. Les personnes nées avec une cécité adoptent souvent plus tôt des stratégies auditives efficaces grâce à un accompagnement précoce.

À l’inverse, celles qui perdent la vue plus tard dans la vie bénéficient rarement d’un entraînement auditif aussi poussé. Résultat: elles peuvent se sentir moins compétentes, même si elles possèdent les capacités pour s’adapter.

Au-delà des facteurs visuels fréquemment étudiés, la perte auditive et son apparition ont également une incidence sur les capacités de localisation sonore perçues et sur la probabilité qu’une personne utilise l’écholocalisation.

« Il est essentiel de prendre en compte l’état auditif dans la réadaptation des personnes aveugles afin de préserver et d’améliorer leurs capacités de localisation spatiale », estime Joseph Paul Nemargut.

Des sens interdépendants

Pour Joseph Paul Nemargut, cette étude rappelle que les difficultés sensorielles ne s’additionnent pas simplement, mais qu’elles interagissent. «Aujourd’hui encore, les troubles de la vision et ceux de l’audition sont souvent pris en charge séparément, alors que ces deux sens fonctionnent en étroite collaboration», dit-il.

Ainsi, dans un contexte de réadaptation, le chercheur plaide pour une approche intégrée et adaptée aux situations réelles.

Par exemple, poursuit-il, les appareils auditifs pourraient être mieux réglés en fonction du contexte: amplifier certains sons utiles (comme le trafic ou l’ouverture des portes dans les transports en commun) et en atténuer d’autres (telles les conversations ambiantes).

De même, les spécialistes en orientation et en mobilité – qui accompagnent les personnes ayant une déficience visuelle – pourraient collaborer davantage avec les audiologistes pour mieux cibler les besoins de chaque individu.

«L’accompagnement devrait être global, sans se limiter à compenser une perte sensorielle, et permettre d’exploiter pleinement les ressources disponibles», conclut le professeur.

Source: Nouvelles Université de Montréal 

Comprendre les capacités auditives des personnes aveugles – UdeMnouvelles

3. Recherche de participants pour évaluer les compétences culinaires des personnes avec une déficience visuelle

Ce projet est supervisé par Frédérique Poncet, PhD, CIUSSS Centre Ouest de L’ile de Montréal, Université de Montréal

Cuisiner est une activité essentielle à l’autonomie, mais elle peut représenter un défi pour les personnes ayant une déficience visuelle, notamment en matière de sécurité, d’organisation et de réalisation des tâches.
Il est donc essentiel de bien évaluer les difficultés rencontrées afin de proposer une offre de services adaptée et pertinente.
Ce projet vise à développer un outil d’évaluation concret, ancré dans les activités de la vie quotidienne, afin d’optimiser les pratiques et les outils utilisés en contexte clinique.

En quoi consiste la participation ?
Vous serez invité(e) à cuisiner une recette chez vous (ex. gâteau), en présence de deux observateurs.
Votre participation contribuera à faire avancer les connaissances et à mieux soutenir l’autonomie en cuisine.

Qui peut participer ?

  • Être âgé de plus de 15 ans
  • Comprendre l’anglais et/ou français
  • Avoir un diagnostic confirmé de basse vision ou de cécité fonctionnelle
  • Avoir envie ou aimer cuisiner ; même si vous êtes novice vous pouvez participer sans problème

Pour plus d’informations : [email protected] ou [email protected]

Téléphone : 514 488-5552 poste 54044 (veuillez laisser un message avec votre nom, numéro de téléphone et le titre court du projet : validation évaluation cuisine).

4. Rappel: Pièce de la troupe L’ArTboretum en théâtrodescription

La troupe de théâtre L’ArTboretum, qui est composée en partie de personnes non-voyantes, présentera la pièce Messe solennelle pour une pleine lune d’été de Michel Tremblay, le jeudi et vendredi, 18 et 19 juin à 19h30 et le samedi et dimanche, 20 et 21 juin à 14 h 00 à l’Espace La Risée, situé au 1258 rue Bélanger à 12 minutes à pied du métro Jean-Talon ou en prenant l’autobus 95 Bélanger, ou en transport adapté.

Notez que toutes les représentations seront présentées en audiodescription qui se fera sans téléphone cellulaire. Ce qui veut dire que tout le monde entendra les descriptions. Et cette année, l’audiodescription sera faite par un personnage qui a été ajouté à la pièce et que nous appelons, la voisine d’en face. Les représentations sont d’une durée de 2 heures sans entracte.

Prévoyez une marge de manœuvre pour votre transport adapté.

Pour les personnes intéressées, il sera possible de venir visiter la scène avant la pièce et de toucher à certains accessoires mais avant deux représentations seulement, soit celle du vendredi à 16h30 et le dimanche à 13h.

Le prix du billet est de $25.00 et comme nous sommes une petite compagnie, nous ne pouvons pas offrir la gratuité à votre accompagnateur. Les billets sont en vente sur la plate-forme Zeffy, dont voici le lien :

https://www.zeffy.com/fr-CA/ticketing/messe-solennelle-pour-une-pleine-lune-dete

Cependant, veuillez noter, que cette plate-forme n’est pas accessible pour toutes les personnes non-voyantes. Donc, vous pourrez réserver votre billet auprès de moi, Pierre Vromet, au 514 945-9453 et payer soit par virement ou sur place. Dans ce dernier cas, si vous ne vous présentez pas, nous vous demanderons de payer votre billet malgré cela, comme c’est le cas pour tous les spectacles.
Notez aussi, qu’il y aura des bénévoles sur place pour guider les gens qui auront besoin d’aide pour se rendre à leur siège et pour aller à la toilette ou vous aidez à vous rendre au bar.

Résumé de la pièce

Dans ce rituel incantatoire, les voix se superposent ets’entrecroisent. Neuf des onze personnages cherchent la lumière au bout du tunnel de leur frustration. Ils sont amers, parfois méchants ou indifférents; chacun en son temps, exprime sa violence, son ras-le-bol et espère une libération. Quant aux deux autres, les jeunes, ils espèrent ne pas emprunter cette même voie.

Source: communiqué de Pierre Vromet, président de la Troupe L’ArTboretum, 12 mai 2026.

5-  Invitation à un webinaire de lancement du projet « Accessibilité des gros électroménagers »
Deux nouveaux guides pour plus d’autonomie

Le Regroupement des aveugles et amblyopes du Québec (RAAQ) vous invite à découvrir deux outils concrets pour faciliter l’utilisation des électroménagers par les personnes ayant une déficience visuelle.

Deux guides complémentaires

Un guide d’achat, qui permet de choisir des appareils vraiment accessibles, selon les besoins réels.

Un guide d’adaptation, visant à outiller les intervenants pour adapter efficacement les appareils au quotidien.

Au programme du Webinaire :

  • Les constats clés du terrain
  • La démarche du projet à l’échelle du Québec
  • Des solutions concrètes pour améliorer autonomie, sécurité et qualité de vie
  • Une ressource commune pour soutenir la réadaptation

Pour qui ?

Le webinaire s’adresse aux personnes aveugles ou malvoyantes, aux proches, aux équipes d’intervention et toute personne intéressée par l’accessibilité.

Détails

Date : 4 juin 2026
Heure : 12 h
Format : En ligne (Zoom)

Vous pouvez participer en suivant les liens de connexion suivants :

Liens de connexion :

Lien pour ordinateur ou application Zoom : https://us02web.zoom.us/j/81461598483

Par téléphone :
Numéro de Montréal : 1 438 809 7799
Numéro de réunion : 814 6159 8483

Une seule touche sur l’appareil mobile :
+1 438 809 7799,,81461598483#

Un pas de plus vers une autonomie réelle et durable.

Source: RAAQ, 21 mai 2026.